Taieb. BACCOUCHE
Le sujet de nos débats avec les membres du
comité des droits économiques, sociaux et culturels pose des problèmes
importants relatifs à la place des droits culturels dans le système des droits
de l’Homme et à la dimension universelle des droits culturels.
Plusieurs questions sont problématiques ou ne
font pas l’unanimité :
-
L’une des questions les plus
importantes porte sur la nature du rapport entre universalité et
diversité : ces deux concepts sont-ils antinomiques et exclusifs ? ou
au contraire complémentaires ? en ce sens que la diversité – qui
s’exprimait à travers les spécificités – aurait avec l’universalité des
rapports inclusifs apparentés à l’hyponymie, grâce à l’identification et à la
mise en relief d’une base de valeurs communes, qui pourraient prendre dans
leurs manifestation des formes diverses. Ces derniers ne sauraient remettre en
question cette base commune, tout comme la diversité des langues humaines nous
conforte dans notre perception d’une base commune qu’on appelle « le
langage humain » qui se manifeste à travers les diverses langues qui
l’actualisent par l’usage des locuteurs.
Il en est ainsi de l’être humain qui se définit
à la fois par sa spécificité comme individu et par son appartenance à l’humain.
Et c’est bien cet être humain qui, dans sa dimension sociale, crée ce qu’il
appelle sa culture, à la quelle il s’identifie et qui lui sert de référence et
de repère. Ainsi le spécifique, qui illustre la diversité puise-t-il sa valeur
dans les liens qu’il établit avec l’universel.
C’est par un tel éclairage que nous parvenons à
identifier les pratiques contraires aux principes universels des droits de
l’Homme, pratiques que certaines justifient ou tolèrent au nom du spécificités
culturelles souvent fictives et imaginaires, sources de confusions, d’abus et
de violations des droits.
Cependant, l’universalité ne saurait se
confondre avec la mondialisation qui, sous sa forme sauvage, en est la négation
et la perversion, par la tendance à l’hégémonie et à l’uniformisation imposée.
-
Le document pose par ailleurs,
le problème du singulier et du pluriel dans communauté/s
Je pense qu’il n’y a aucune contradiction dans
l’appartenance de l’individu à plusieurs communautés, non pas dans une relation
de juxtaposition, mais dans une relation d’inclusion et d’imbrication,
indépendamment du caractère ethnique, religieux ou linguistique de telles
communautés.
L’appartenance culturelle multiple dans la
stratification interdépendante consolide à mon sens l’interdépendance entre
diversité culturelle et universalité.
Le ciment de cette interdépendance dans la
conscience citoyenne réside dans la non
discrimination, la tolérance et le respect de la dignité de l’autre, comme elle
réside dans la conscience individuelle et collective d’une identité plurielle,
ouverte et dynamique.